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jeu

Pokémon Pokopia (2026)

Le projet de départ avec l'achat d'une Nintendo Switch 2, c'était de jouer à Pokopia.

On y incarne un métamorphe, un pokémon capable de prendre la forme d'autres pokémons et ici de les imiter. Après une création de personnage assez sommaire, on se retrouve dans une cave avec un autre pokémon qui servira de guide pendant le reste du jeu. Les pokémons sont ici tous en liberté et il n'est pas du tout question de les capturer et encore moins de les faire se battre en eux. On débloque des pokémons en recréant leurs habitats. Ils deviennent ensuite simplement des potes qu'on devra satisfaire en améliorant leur confort de vie.

Il y a quelques semaines, j'ai fait le choix de vie de ne plus penser à Zelda: Tears of the Kingdom que j'avais laissé en plan à quelques heures de la fin et de symboliser cela par un bon vieil achat compulsif. La vérité, c'est qu'on n’est pas obligé de finir un jeu si on n'y trouve plus de fun. J'avais à peine acheté Pokopia que j'étais donc passé à autre chose et que je peinais à trouver le temps de simplement démarré une première partie. Cela a finalement fini par arriver, mais je ne sais pas trop pourquoi, l'attente trop longue peut-être, mais ça ne m'avait pas trop convaincu, le jeu était un peu trop mou. Je ne me voyais pas non plus passer des heures à casser des cubes et fabriquer des trucs avec les mêmes cubes, comme dans le premier Minecraft venu quand bien même il y aurait des pokémons mignons.

Quelques jours plus tard, je l'ai montré à l'enfant en espérant qu'au moins une personne dans le foyer y joue et que ce ne soit pas un nouvel achat culturel complètement vain. Je ne sais pas trop si d'autres partagent cette expérience, mais regarder un enfant jouer à un jeu est une expérience très frustrante. Ils font n'importe quoi, explorent de façon complètement chaotique, ratent 90 % des indices et indications pour avancer dans le jeu. Dans sa partie de Pokémon rouge, il est au second village après une trentaine d'heures de jeux. Ils n'ont pas cette espèce de surmoi productiviste qui leur impose d'optimiser leurs parties pour arriver au bout dans un temps raisonnable parce que la vie est trop courte. Sans parler des illusions de grandeur et de compétitivité. Tant mieux pour eux. Si je me souviens correctement de nos parties de Super Mario Bros, NBA Jam ou Super Street Fighter 2, ce n'était pas beaucoup plus glorieux. Bref, je me suis rendu compte que j'étais entre le passager chiant qui conduit sans conduire et le parent performatif. Je l'ai laissé jouer tranquillement et à son rythme. Une fois les enfants couchés, j'ai repris ma propre partie et je n'ai pas lâché la console les quatre heures suivantes, à peu près tous les soirs depuis. Mon signal pour poser la machine, c'est quand la batterie est vide.

Le côté cosy est effectivement très relaxant et c'est peut-être ce qui me manquait en ce moment. Il y a vraiment très peu de confrontation, quand il y en a, c'est toujours un malentendu. Les pokémons deviennent aussi potes entre eux. Il n'y a jamais de conflits ou de désaccords. Je m'attendais à des systèmes d'antagonismes et que cela devienne de la gestion de voisinage, pour l'instant rien de cela à l'horizon. C'est un jeu où l'on passe son temps à rendre service quand on a envie sans que cela soit vraiment contraignant non plus si on fait le minimum de ce côté.

Le côté crafting et gestion d'inventaire est par contre là, mais il n'y a pas vraiment de rareté ou de ressources limitées. Il est assez facile de construire des coffres qui sont des sous-dimensions de poche. Les maisons ou autres formes de logement, pour soi comme pour les autres pokémons, ne sont pas des projets pharaoniques ou liés à des emprunts absurdes. Looking at you, Tom Nook.

J'ai déjà fini trois zones et il m'en reste au moins deux autres. Je ne passe pas trop de temps à faire du poké-urbanisme. Pour l'instant, explorer et faire un tour d'horizon complet des espaces et des possibles me va bien. La progression dans chaque espace suit la même structure avec des habillages différents et sans que cela soit trop laborieux non plus. En fait, malgré l'inspiration de Minecraft, il n'y a pas du tout de grind. Le jeu ne donne pas l'impression qu'il y a un plateau de compétence ou de ressources, on avance simplement et de façon fluide.

Les pokémons partagent régulièrement leur inquiétude quant à l'absence des humains. Je vous laisse deviner la cause pas du tout angoissante en plein dans l'air du temps. Des éléments de récits sont fournis par de nombreuses bribes, il y a de la lecture si on a vraiment envie. C'est un niveau de regard qui passera complètement au-dessus de la tête des enfants. La joie et la bonne humeur des pokémons équilibrent très bien cette profondeur mélancolique possible.

À l'image d'Animal Crossing: New Horizons pendant les premiers confinements, j'y retrouve la fonction du jeu doudou avec beaucoup moins de répétition.

— 02.10.26


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