Le zen dans l'art de publier des fichiers texte
20.08.26 · dernière modification : 20.08.26
Ce site est statique. Le contenu est stocké sous forme de fichiers au format Markdown, pratique pour les humains, qui sont transformés en fichiers html, parce que c'est la base du web, par un générateur de site statique (ou static site generator en anglais), eleventy en l'occurrence, qui sont enfin stockés sur un serveur qui ne fait plus rien d'autre que de fournir ces fichiers aux navigateurs et les quelques robots aspirateurs du web qui se seraient perdus en chemin. Ce dispositif se différencie de la configuration classique avec un logiciel de publication accolé à une base de données qui génère, plus ou moins, les pages à la demande et donc avec parfois plus d'actualité. On parle alors de pages dynamiques. Ce "on" est très générationnel. Je ne sais pas si c'est encore d'actualité de faire la différence entre pages statiques et pages dynamiques. Le javascript partout a bien brouillé cette frontière. C'est ce que fait le classique Wordpress qui fait tourner une bonne partie des blogs et des sites pas si petits et pas toujours perso. Le problème de ce genre de système, c'est qu'il requiert une maintenance et une attention permanente. Une faille de sécurité ou un bug doivent être remédier immédiatement. Sans cela, on se retrouve avec un serveur piraté un 31 décembre à 18:00. C'était en 2010, je m'en souviens encore, ça m'a traumatisé et l'efficacité vaccinale est encore à 95 %.
Pour publier une nouvelle page, la première étape jusque-là était donc de produire un fichier Markdown que j'insérais dans l'historique d'un dépôt git. Pour éditer du Markdown, il y en a pour tous les goûts du minimalisme avant-gardiste d'IA Writer dont Apostrophe, l'émule pour gnome est très solide, à l'érudit Zettlr. En vrai n'importe quel éditeur de fichier texte, et donc de code, fait l'affaire, même notepad.
Pour ma part, j'utilise neovim dans une configuration minimale parce que j'ai pris goût à la navigation au clavier et à son interface modale. J'y retrouve l'intentionnalité lente et minutieuse de git. Chaque opération est nommée et elles se combinent dans une grammaire laissant de la place à la créativité et l'expressivité. Quand j'y repense, c'est peut-être parce que j'ai grandi en parlant à une tortue.
Pour que tout se passe bien et que cela ne soit pas trop le bazar, il faut que le fichier soit au bon endroit avec le bon nom. Tout d'abord, en fonction du type de contenu (article, page, lien, etc.), il faut que cela soit dans le bon répertoire, puis, comme j'aime le chaos ordonné, dans le bon sous-dossier, mes fichiers étant aussi organisés par année. Cela me donne commencer une nouvelle année en repartant de zéro. Pour le nom du fichier, j'aime bien que ce soit indépendant du contenu, mais aussi facile à identifier quand je regarde la liste des fichiers d'un répertoire. Pour cela, je combine la date de création de mon texte et parfois le slug, quelques mots qui synthétiseront le contenu. Ce dernier élément a également pour raison de rendre les liens plus lisibles et plus humains, surtout quand le texte m'a demandé de l'attention.
Dans mon quotidien, j'ai automatisé la première tâche en utilisant ce genre de commande :
$ vim content/journal/$(date +%Y)/$(date +%Y%m%d%H%M%S).md
Je me décide pour le slug seulement quand j'ai le contenu entièrement rédigé et un titre. Cela m'oblige donc souvent à renommer le fichier. S'ensuit enfin un petit pas de danse avec git, un commit puis un push quand je ne passe pas par une branche et qui est une tout autre chorégraphie en soi. Lazygit m'offre un bon compromis entre automatisation/interface graphique et opérations. Je ne tape plus des commandes, j'utilise des raccourcis clavier et je n'ai qu'à rédiger le message qui me permettra de garder un historique lisible.
Chaque geste a son importance et j'apprécie le niveau de contrôle que cela peut me fournir. C'est très zen, mais, des fois, j'ai juste envie d'une boisson chaude en faisant autre chose sans avoir à me lancer dans une cérémonie du thé. C'est également à chaque fois des petites doses d'attention qui me fatiguent par avance ou en cours de route.
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