naviguer en dehors de la fenêtre
13.12.25 · dernière modification : 13.12.25
Je profite d'avoir du temps et un nouvel ordinateur pour me faire une configuration à ma sauce. Avoir choisi Arch Linux demande un investissement important en temps au début, mais cette distribution et sa documentation ont la vertu de permettre de comprendre le fonctionnement d'un empilement de logiciels dans le moindre détail. J'avais des intuitions et une vue d'ensemble des différentes composantes (serveur graphique, gestionnaire de fenêtre, de session, etc.), mais d'avoir tout assemblé à la main me donne l'impression d'en avoir maintenant une vision plus précise et mieux contrôlée. Tout cela m'a donné envie de me replonger dans un environnement en kit plutôt que la bonne expérience guidée que peut offrir Gnome.
Il y a quelques années, je m'étais lassé d'i3 qui fait partie de la famille des gestionnaires de fenêtre ayant pour parti pris que les fenêtres ne se superposent pas.

PaperWM est un greffon pour l'environnement Gnome permettant de reprendre cette logique en y ajoutant une idée supplémentaire : pas de contrainte horizontale pour les espaces de travail.
Il faut s'imaginer les fenêtres comme autant de feuilles de papier mises côte à côte.
Tout l'intérêt de ces logiciels est qu'ils permettent de naviguer dans l'interface utilisateur graphique en utilisant autant que possible le clavier.
Comme toutes les fenêtres suivent un pavage, il suffit alors de reporter sur les notions de haut, bas, gauche et droite.
Dans un certain espace de pratique, celui de vim, il est courant d'avoir ces quatre commandes reportées sur les lettres h, j, k, et l, évitant ainsi d'avoir besoin de touches correspondant aux flèches ou de déplaçant sa main trop loin.
La touche j est également celle qui est censée se trouver sous l'index de la main droite.
C'est à ça que servent les bitoniaux sur les claviers.
Je ne sais pas si Gnome est l'environnement graphique le plus populaire, mais il est l'un des principaux. Il a notamment remplacé Unity dans Ubuntu, une distribution Linux populaire et accessible. J'aime bien Gnome, car j'aime bien avoir le sentiment d'être un normie et d'avoir une impression sur l'expérience utilisateur d'une personne utilisant un ordinateur sous Linux de façon normale. La surcouche de PaperWM n'étant qu'une petite extravagance qui passe facilement inaperçue.

Sauf que je souffre aussi d'une forme avancée d'hipsterisme. Je me suis donc laissé tenté par niri, un gestionnaire de fenêtre reprenant les codes de PaperWM, mais en repartant de zéro, sans me reposer sur Gnome pour tout le reste. Cela laisse la liberté de choisir les différentes briques logicielles de l'interface : un gestionnaire de barre (waybar par défaut), un gestionnaire de notification (mako par défaut), de quoi démarrer de nouvelles applications (fuzzel par défaut), un gestionnaire de fond d'écran (waybg par défaut), etc. Pour ne pas se prendre trop la tête, il existe aussi des shells pour s'occuper de tout sauf de la gestion des fenêtres. QuickShell est le shell qui a l'air d'avoir le vent en poupe.
Il y a un certain plaisir à sortir des sentiers battus imposés par l'outil et de l'adapter autant à nos goûts et à nos envies. Une sorte de reprise de contrôle sur la machine, mais nécessitant tout de même un effort et du temps qui est un luxe, proprement inaccessible. Un autre risque est une combinaison de clientélisme et de consumérisme. Passer d'un logiciel, ou d'un environnement, à un autre par effet de mode ou opportunité de procrastination. Niri est programmé avec le langage Rust, qui est très bien, mais aussi très à la mode et donc à approcher avec une légère attention. Je crois que c'est ce que j'aimais bien dans i3, son petit côté simple, vieillot et démodé.
Cette liberté peut alors donner lieu à des configurations extrêmes et hyperpersonnalisées qui rappellent d'une certaine manière le bon vieux temps de winamp ou des logiciels pour décorer ses fenêtres Windows XP.
Le principe est assez simple.
Je peux naviguer entre les fenêtres et les espaces de travail avec une seule main : pouce sur la touche mod (alt droite ou altgr chez moi) et les quatre doigts sur l'équivalent de hjkl sur mon layout maison.
Pour déplacer une fenêtre, je rajoute la touche shift.
Pour déplacer un espace de travail, je rajoute la touche ctrl.
La vie étant bien faite, je peux avoir les mêmes commandes pour PaperWM comme pour niri à quelques nuances près et négligeables. Mon ordinateur principal étant encore sous Gnome/PaperWM, il reste utilisable sans aucune surcharge cognitive. Je passe de l'un à l'autre sans friction.
mod+netmod+opour aller à gauche ou à droite.mod+eetmod+ipour aller d'un espace de travail suivant ou précédent, d'en bas ou d'en haut.mod+uetmod+ypour aller de la fenêtre du dessous ou du dessous. J'utilise assez peu la superposition de fenêtres dans la même colonne. C'est au cas où et par conscience de ne pas être pris un jour au dépourvu.mod+shift+direction: tout ce qui concerne le mouvement des fenêtres.mod+ctrl+direction: tout ce qui concerne le mouvement des workspaces.Cette manipulation est, pour l'instant, impossible dans PaperWM.
Autant PaperWM que niri, et i3, ont un système de scratchpad avec des fenêtres volantes qui peuvent être appelées dans n'importe quel espace de travail.
Un peu comme la console venant avec la touche ~ dans Quake.
Cependant je préfère que chacun des espaces soit accessible sans avoir à faire tout un itinéraire.
Je sais que, par exemple, le premier est celui des terminaux,
le second est celui du navigateur et de la prise de notes,
le troisième est celui de la communication où règne le client mail (thunderbird ou aerc) ainsi que signal,
et le quatrième enfin, est consacré à l'écriture.
Les autres espaces sont souvent temporaires.
Je peux passer d'un espace à l'autre en appuyant sur la touche mod et le numéro de l'espace de travail, mod+1, mod+2, etc.
Je n'ai ainsi pas à savoir où est quelle fenêtre.
Sur codeberg, il est possible de voir mes fichiers de configuration niri.
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